DansLIFE

When life gives you lemons…

Hello Besties,

Comment allez-vous ? J’espère que la rentrée s’est bien passée et que vous abordez ce nouveau mois sereinement. En ce qui me concerne, ça n’a pas du tout été facile ces dernières semaines…Si vous me suivez sur les réseaux sociaux vous savez que j’ai dû faire face à plusieurs soucis de santé cet été…Même si ça va beaucoup mieux, je voulais revenir un peu sur tout cela et en profiter pour discuter avec vous d’un sujet qui me tient à cœur.

 

Tout a commencé (ou pas exactement, mais j’étais à peu près tranquille lorsque cela m’est arrivé) par une entorse du genou à la mer en voulant sauver ma fille d’un risque de noyade (J’en ai parlé ici)…Puis dix jours plus tard nos vacances à la  montagne étaient abrégées par une ambulance venue me chercher à 6h du matin. Je ne ressortirai de l’hôpital que 12 jours plus tard. 12 jours pendant lesquels je n’ai pas vu mes enfants, moi qui n’avait jamais passé une nuit sans Nina, 20 mois…

Que s’est-il passé ?

Je faisais une infection plutôt grave de la vesicule bilaire. Je vous laisse regarder sur google où se trouve cet organe, mais pour la faire court, en début d’année des douleurs horibles à l’estomac m’ont conduit aux urgences. Je n’avais jamais eu de douleurs de ce type et je n’ai jamais eu de problèmes gastriques. Après une série d’examens, une échographie viscérale a révélé que j’avais des calculs dans la vesicule. Ce sont des sortes de petits (ou gros) cailloux qui peuvent faire très mal lorsqu’ils décident de se barrer de la vesicule pour danser la Macarena dans votre corps…Provocant une crise qui peut durer jusqu’à 6h. La douleur s’en va alors seule et le patient est plus ou moins soulagé par des antalgiques (le jour où j’ai découvert le Spasfon).

A priori c’est une anomalie avec laquelle l’organisme peut cohabiter (les calculs) de manière plus ou moins pacifique. Mais si les crises sont trop fréquentes ou en cas d’infection il faut alors retirer la vesicule bilaire. Selon les médecins c’est un organe qui est comme l’appendice : on peut vivre sans. L’opération de retrait lorsqu’elle se déroule dans des conditions normales (sans infection) est plutôt routinière et se pratique même en ambulatoire (tu sors le jour même) dans certains cas.

Je vous raconte tout cela parce que j’aurais aimé le savoir avant de me retrouver agonisante au sol, ne sachant même plus épeler mon nom et priant pour que mes enfants ne se réveillent pas. J’aurais aussi aimé savoir tout cela si l’un de mes proches présentait de tels symptômes. Puis l’évocation de cette opération et de mon état de santé sur Instagram et Facebook a suscité beaucoup d’interrogations de votre part et d’inquiétude aussi. J’en profite pour vous remercier pour votre immense bienveillance !

La maladie ou les soucis de santé restent assez tabous pour beaucoup de personnes et je pense qu’à force de taire un certain nombre de choses nous n’arrivons pas à progresser sur le plan personnel, en ayant notamment le type de conversations que j’entame avec vous via ce billet.

J’ai donc été admise aux urgences et prise en charge rapidement vu mon état. Je vomissais et je me tordais de douleur…Une prise de sang a révélé que mon bilan hépatique était alarmant, signe d’une maladie potentiellement grave ou d’une infection. Après un scanner, le diagnostic s’est précisé : Cholécystite aiguë , qui est donc pour simplifier une infection de la vesicule bilaire.

Après avoir été mise sous morphine pour calmer les douleurs (en cas d’infection la crise qui dure en temps normal 6h maximum ne s’arrête pas, tant que l’infection n’est pas soignée), on m’a administré un traitement antibiotique de plusieurs jours. Le but étant de calmer l’inflammation pour pouvoir ensuite opérer.

Six jours plus tard j’ai été opérée et je suis restée six jours de plus en hospitalisation pour les soins. Le tout loin de ma famille qui a du retourner sur Paris…12 jours entre douleur, angoisse, nuits blanches et déprime.

Aujourd’hui je suis heureuse de dire que je vais bien. Dès ma sortie de l’hôpital, au moment où j’ai pu retrouver ma famille et serrer mes amours dans mes bras, ça allait déjà beaucoup mieux car je réalisais la chance incroyable que j’avais. Je n’avais dès lors d’autre choix que d’aller vers l’avant.

J’avance un pas après l’autre. Les douze jours d’immobilisation ont freiné la guérison de mon entorse et à mon retour c’était un peu comme si je repartais de zéro. Mais aujourd’hui je retrouve chaque jour un peu plus de mobilité, même si parfois ça me semble affreusement long. Je mesure le chemin parcouru. Très souvent je me pose et je me dis : c’est le quotidien des personnes handicapées ou à mobilité réduite…Pour elles ce n’est pas temporaire, c’est tout le temps ! J’ai laissé à l’hôpital des personnes qui sont là depuis des mois et n’entrevoient pas une sortie…

Pour autant, la femme (hyper)active que je suis a parfois du mal à relativiser. Lorsque je dois fragmenter une tâche en plusieurs heures, plusieurs jours par exemple, comme démêler les cheveux de ma fille après le shampoing. L’homme ne sait pas faire (mais je vais lui apprendre !).

Je ne m’interdis pas de me plaindre certains jours sans, mais je choisis de me raccrocher à ces petits choses ordinaires du quotidien qui prouvent que l’on est vivant et que juste ça, c’est déjà pas mal. C’est ce que l’on appelle la résilience, cette capacité à prendre les citrons les plus amères et en faire une délicieuse limonade dont on se servirait un verre dans les moments où l’on se sent un peu triste, abattu…

Alors attention, il ne s’agit pas de sur-jouer le bien-être et de se mentir à soi même (et aux autres) en se disant que ça va aller alors que l’on arrive vraiment pas à relativiser. Ce type de choc physique, peut parfois reveiller certaines choses sur le plan psychologique (ce fut le cas pour moi). Des choses importantes que l’on peut gérer : en ce qui me concerne, la nécessité de prendre mieux soin de moi, de ne plus avancer en mode pilote automatique, apprendre à déléguer, demander de l’aide, dire “non” je suis pas disponible, même pour mes enfants. Mais parfois c’est une véritable déflagration…Des fondements qui s’écroulent et nous laissent dans l’incapacité de se relever seul.

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout cela ? Parce que vous avez été nombreuses à louer ma capacité de résilience et je ne voudrais pas que vous pensiez qu’il suffit de vouloir pour pouvoir…Toujours.

On ne peut jamais prévoir comment un événement nous affectera sur le long terme. Certains témoins d’agressions ou de catastrophes souffrent de chocs post-traumatiques plus importants que les victimes elles-mêmes. Alors ne tentez jamais de calquer votre manière de réagir sur celle d’une autre personne. Ecoutez-vous et aillez le courage de dire que ça ne va vraiment pas, malgré tous vos efforts pour positiver. Vous n’avez pas l’obligation d’être forte en toute circonstance, ni celle de parvenir à balayer d’un simple revers de la main vos émotions négatives.

Lorsque je suis sortie du bloc opératoire j’étais heureuse. Je me sentais légère car je n’avais plus cette douleur viscérale. Je pensais retrouver ma famille au plus tard le sur-lendemain. Puis le médecin est venu m’annoncer que je resterai 6 jours de plus…6 jours, sans mes bébés ! Je n’ai pas dormi de la nuit, j’ai fait une crise d’angoisse. J’avais du mal à respirer et l’impression que mon cœur était trop gros pour ma poitrine. Je n’arrivais plus à fixer mon esprit sur une seule chose quelques secondes…Mes pensées tournoyaient dans ma tête à la vitesse du son. Je n’arrivais même pas à fixer mon esprit pour penser à quelque chose de précis. J’ai essayé de lire, écouter de la musique, méditer…Rien n’y faisait. Le lendemain après un semblant de nuit je fondais en larmes et je ne pouvais plus m’arrêter. C’est là où les infirmières m’ont conseillé d’en parler au médecin et de lui demander un somnifère pour dormir, ainsi qu’un anti-depresseur pour m’aider à relativiser un peu. Je ne savais même pas que c’était possible, qu’il existait un médicament qui pourrait m’aider à m’apaiser un peu. Je l’ai pris deux jours. Et en deux jours j’allais mieux. J’avais retrouvé le sourire. Le plaisir d’entendre mes filles au téléphone sans pleurer, ni angoisser. C’est ce qui m’a permis d’aller mieux et de cicatriser normalement pour avoir l’autorisation de sortit rejoindre les miens.

Certains évènements douloureux peuvent vous faire tomber dans la déprime, mais aussi dans la dépression. Cette dernière est une maladie, ce n’est pas une humeur contrairement à ce que beaucoup de gens pensent. On ne peut pas la contrôler par la simple volonté (ou la prière…)ou juste parce que l’on a des enfants et que l’on se doit d’aller bien pour eux. Elle nécessite une prise en charge médicale.

Si malgré tous vos efforts pour entrevoir des lendemains meilleurs vous continuez à broyer du noir alors je vous recommande d’en parler à votre médecin…

J’insiste sur ce point car le developpement personnel est aujourd’hui partout : livres, coachs, conférences, podcasts, vidéos…Les méthodes pour aller mieux ne sont plus réservées à quelques initié-e-s qui passaient jadis pour des illuminé-e-s ou des victimes de dérives sectaires.

Malheureusement le mieux-être est devenu un business comme un autre et en compilant dans un livre des pensées motivantes et bienveillantes on peut gagner beaucoup d’argent ou au moins recevoir la reconnaissance éternelle de personnes qui n’avaient jamais vu les choses sous cet angle là…

Bien sûr la lecture de certains livres ou de témoignages peuvent nous transporter et nous permettre d’aller mieux (Babeth en parle justement dans ce billet), mais il faut bien se demander de quel mal-être il s’agit. Est-ce que l’on parle d’un état passager, d’une période de mou comme nous en avons toutes pour des raisons diverses, d’une baisse de moral saisonnière ou hormonale (syndrome prémenstruel ou prise de médicaments)…Ou alors d’une tendance générale à l’auto flagellation, à la déprime, à la mélancolie, au sauts d’humeur…Un état tellement fréquent qu’il devient normal pour vous et vos proches…”Elle est comme ça, tu la connais…”. Certaines personnes qui passent pour aigries souffrent parfois de dépression, sans même le savoir.

Je pense que dans ces cas là il vaut mieux consulter, plutôt que de s’en remettre à un livre, une conférence ou un podcast. On peut coupler toutes ces méthodes, mais la thérapie en ville ou l’hospitalisation avec un suivi psychiatrique ou psychologique sont pour moi celles qui sont les plus adaptées.

Je trouvais important de vous dire ces mots parce que le fait d’être suivie par un certain nombre de personnes me donne une responsabilité. Je ne suis pas responsable de la manière dont vous vous sentez, mais je suis responsable de ce que je dis et je ne voudrais pas que vous vous mépreniez sur le sens de cette phrase “When Life Gives You Lemons…” Ce n’est parfois pas aussi simple que cela de presser ses citrons pour en faire une limonade. Nous n’avons pas toutes la même capacité à gérer, voir le positif, rebondir…

Je pourrai vous expliquer pendant des heures comment je fais, tant que vous ne savez pas qui vous êtes et quelle est votre mission, vous ne ferez rien de mes conseils ou recommandations. En revanche je peux vous expliquer par quelle démarche je suis passée pour trouver mon équilibre personnel (écrire sur ce blog des choses comme celles-ci en fait notamment partie…). C’est l’objet du Workshop Dear MAMA que j’animerai le 13 octobre prochain (Toutes les infos pour participer ici).

Prenez-soin de vous,
Danielle

Je porte : Jean & Tee-shirt Asos Curve// Boucles d’Oreilles Valeri Christina

Photos : @marlène

Par

5 Commentaires

  • Emyetcetera

    Merci Danielle pour cette article. Il est vraiment bien écrit et nécessaire.
    Je suis moi même soignée pour la dépression, je prends un traitement depuis 3 ans et j’ai deux psy. Je n’ai plus envie d’expliquer pourquoi la pensée positive et le développement personnel ne me sont pas suffisant même avec la meilleure volonté du monde .

    Je te souhaite encore un prompt rétablissement pour ton entorse et une belle sooree/journée. 😘

    1 octobre 2018 at 19 h 46 min Répondre
  • Akofa

    Merci infiniment pour ce beau texte. Je te suis depuis la Guyane depuis bientôt 3 ans et ce billet me pousse à chercher de l’aide .merci d’être toi et d’impacter nos vies à ton échelle .Bisous.

    1 octobre 2018 at 20 h 54 min Répondre
  • Madmad

    Coucou Danielle, merci pour ce billet joli écrit qui reflète tellement ta personnalité (dixit l’amie virtuelle lol).
    Un grand merci et prompt rétablissement entouree des tiens. Bises 😘

    2 octobre 2018 at 21 h 10 min Répondre
  • leclubdesaudacieux

    Merci pour cette piqûre de rappel… très beau message

    3 octobre 2018 at 7 h 08 min Répondre
  • Priscilla

    Je me retrouve présentement dans tes mots (et maux) à cause de mon immobilité. Les lire, juste les lire sans devoir le formuler m’enlève un poids. Merci pour ce billet ❤️

    3 octobre 2018 at 21 h 51 min Répondre
  • Laisser un commentaire

    %d blogueurs aiment cette page :