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Vous ne devinerez jamais l'impact que les Spice Girls ont eu sur ma vie…

wannabe

Alors qu’on célèbre ces jours les 20 ans du tube Wannabe des Spice Girls, je me suis souvenue à quel point cette chanson avait eu un impact positif sur ma vie. J’avais alors 17 ans et je peux vous dire que cette chanson et son clip découvert sur M6 m’ont donné une force et une détermination qui ne m’ont pour autant dire jamais quitté. Nous sommes alors en 1996 et pour la première fois de ma vie je vais devoir vivre seule à des milliers de km de mes parents et de ma famille.

Après 4 années heureuses passées au Cameroun dans un cocon entourée et choyée par les miens, me voici propulsée dans une vie d’adulte à laquelle je n’étais pas préparée. J’ai grandi en île de France. En 1984, mes parents ont quitté le pays pour s’installer en banlieue parisienne. Toute mon enfance j’ai baigné dans une double culture : Celle camerounaise de mes parents et française de notre pays d’adoption dans une relative harmonie. Mes camarades immigrés et moi avons parfois entendu “sales noirs” jaillissant de derrière les fenêtres, mais cela n’a jamais entamé notre joie de vivre, pour la simple raison que nos parents nous avaient en quelque sorte mis en garde : La France n’est pas notre pays et il faut s’attendre à ce que notre présence soit contestée. Nous devons à ce titre faire tout pour ne pas nous faire remarquer  (négativement) et tirer le meilleur de ce que ce pays a à nous offrir…Les années passent et ma famille est parfaitement “intégrée “-comprenez nous ne faisons pas de vagues ni trop de bruits – Jusqu’à ce que mon journaliste de père reçoive du pays une proposition professionnelle qu’il ne peut refuser. A 13 ans, je débute un nouveau chapitre de ma vie. Mon cahier du retour au pays natal durera 4 ans. Quatre années formidables qui m’ont permis de véritablement découvrir mes origines, loin des images d’Épinal sur la vie en Afrique. Particulièrement attachés à l’enseignement et à sa capacité à préparer l’avenir, mes parents restent persuadés que la France m’offrirait de meilleures opportunités. La perspective de quitter mes amis et ma famille ne m’enchante pas mais je suis confiante car mes parents ont toujours su distiller en nous cette capacité à saisir le meilleur de chaque situation.

De retour en France, je réalise rapidement ce que signifie vivre sans ses parents à 17 ans dans un pays où l’on ne doit pas faire de vagues…Ce sont les vacances scolaires. Je suis seule, je n’ai pas d’amis et je ne suis pas vraiment entourée de beaucoup de bienveillance. Ma tutrice me demande de perdre cet accent camerounais que j’ai eu tant de mal à acquérir (bah oui j’ai du bosser pour m’intégrer au pays) et m’enjoint de faire un régime si je veux me faire des amis (!). Entre autre mesure d’intégration, je dois également renoncer à mes jolies tresses et me faire défriser les cheveux. Je ne discute pas. J’ai 17 ans, aucune autonomie et pas énormément de personnalité. Après tout, elle a toujours vécu en France, alors elle sait sans doute mieux que moi comment s’y prendre pour ne pas devenir une marginale. Qui a envie d’être marginale à 17 ans ?

Depuis deux semaines je suis scrupuleusement le régime de la clinique Mayo qu’elle m’a imprimé. J’ai déjà perdu 8 kilos (!), ma famille me manque terriblement et dans ce petit appartement où je passe mes journée seule (en attendant la rentrée scolaire)  je sombre lentement dans la déprime. Je passe mon temps devant la TV. C’est ainsi qu’un jour de juillet je découvre le clip Wannabe des Spice Girls.

Je suis immédiatement captivée par ce groupe de 5 nanas qui gigotent dans tous les sens. La première fois elles me redonnent le sourire. La seconde fois je me lève pour danser avec elles et la troisième fois j’enregistre le clip pour pouvoir le regarder en boucle et chaque fois que je le souhaite.

Cette musique et ces paroles me donnent vraiment la pêche et la composition du groupe me rassure sur le fait que l’on est pas obligé de ressembler à tous le monde pour se faire des amis, rentrer dans un moule et avoir une apparence lisse pour rencontrer le succès. Les Spice Girls cartonnent a travers le monde entier et leur attitude totalement irrévérencieuse- à base de crop tops, doigts d’honneur, mini jupe et high kicks- m’inspire carrément ! Je déchire mon programme de régime, décide que je me coifferai comme j’en ai envie (Qu’est ce que j’ai pu m’amuser avec mes cheveux !) et que seuls ceux qui le méritent pourraient devenir mes ami-e-s. Voici comment le Girl Power des Spice Girls a restauré la confiance et l’estime de moi qui commençaient à me quitter lentement mais sûrement. Je m’identifiais à chacune d’elle et dans des situations de doute ou de stress je me passais mentalement le clip Wannabe.

Cette chanson et ce clip m’ont donné la force de croire en moi et en ma valeur. Elle m’ accompagnée dans des prises de décisions capitales pour mon avenir. Je me souviens que lorsque j’ai du m’inscrire au Lycée, le proviseur me prenant de haut a remis en doute mon niveau, allant jusqu’à me demander si au Cameroun on parlait français. C’est cette ritournelle-I wannaa, I wannaa…- qui m’a donné la force de lui répondre ” Le Cameroun est une ancienne colonie française, vous devriez le savoir”. Je n’avais jamais tenu tête à une figure d’autorité !

C’est encore elle qui a conforté mon souhait de m’engager dans des études de droit, contre l’avis de mon prof principal qui pensait que ma situation personnelle ne me permettrait pas d’y arriver. Nous étions alors deux élèves de ma terminale L à vouloir nous lancer dans cette filière. Cette badassery prônée par des femmes de ma génération, un peu comme une attitude de survie dans un environnement hostile a définitivement forgé ma personnalité. A tel point que lorsque je raconte une infime partie de ma vie et des choses que j’ai pu vivre ces 20 dernières années, la plupart des gens ont du mal à y croire…Un jour je vous raconterai tout, mais je voulais d’abord vous expliquer comment une chanson en apparence légère peut avoir un réel impact sur votre vie.

Alors qu’elle ne fut pas joie de découvrir cette vidéo mi hommage, mi revival tournée par la réalisatrice britannique MJ Delaney ! Elle met en scène des femmes artistes d’Inde, du Nigeria, d’Afrique du Sud, États-Unis, Canada et Grande-Bretagne. Ce clip s’inscrit dans une campagne baptisée Project Everyone. Lancée par le réalisateur Richard Curtis ( Quatre mariages et un enterrement, Bridget Jones ) et parrainée par l’ONU elle vise à combattre la pauvreté, les injustices, mais également le réchauffement climatique. Au son de Wannabe, dans un décors urbain locale, les groupes de filles de chacun des pays dansent en brandissant des pancartes sur lesquelles sont inscrits les droits fondamentaux dont beaucoup de petites filles et de femmes sont privées à travers le monde : Éducation, égalité salariale, fin des mariages pour enfants et des violences faites aux femmes…Autant de revendication communes à toutes les femmes à travers le monde.

Je vous laisse regarder le clip qui m’a vraiment fait plaisir :

Par

9 Commentaires

  • Florence I

    Bel article comme d’habitude ♥️

    8 juillet 2016 at 12 h 01 min Répondre
    • D.

      Merci Florence !

      10 juillet 2016 at 12 h 48 min Répondre
  • Sheily

    Je vivais à Londres à l’époque de cette chanson : seule et loin de mes parents qui étaient retournés au Bénin 😉 ! Un jour, je te raconterai tout aussi !

    8 juillet 2016 at 22 h 18 min Répondre
    • D.

      Je ne savais pas Sheily…J’espère que nous aurons l’occasion d’en reparler…

      10 juillet 2016 at 12 h 46 min Répondre
  • Dsyad

    Je ne publie pas souvent sur ton blog bien que je le trouve génial. Ton histoire m’a beaucoup touché! Merci pour ce partage très intime et positif à la fois.

    9 juillet 2016 at 7 h 29 min Répondre
    • D.

      Merci et bienvenue dans les commentaires. Dans chaque épreuve il y a toujours du positif. Ce n’est pas évident sur le moment et puis avec le recul on réalise que c’est dans l’adversité que l’on se forge. Ces nanas y sont pour beaucoup

      10 juillet 2016 at 12 h 48 min Répondre
  • coeur de louve

    J’ai appris l’anglais en demandant à ma mère de me traduire les paroles de chanson et puis on pouvait s’identifier à chacune d’entre elle, dans la cour de notre école primaire, un jour on pouvait être Mel C et un autre Victoria, Mel B, Geri ou Emma. Et ce “Girl Power” dans un quartier où les grands frères mettaient la pression à leurs soeurs et où nous étions une famille de filles ben ça m’a donné la force de ne pas me laisser faire !!! elles représentent énormément oui !

    12 juillet 2016 at 14 h 01 min Répondre
  • Marina

    Coucou Danielle
    Ton histoire m’a beaucoup emue
    Cest fou tout ce que tu as vecu et encore on en connait qu’une Partie j’ai hate que tu nous raconte TOUT 🙂
    Moi je dirai que les epreuves et experiences de la vie forgent notre personnalite et facon de vivre.
    Elles peuvent nous detruire comme nous rendre meilleurs, a nous d’avoir la sagesse de savoir extraire le”bon” de celles ci.

    15 juillet 2016 at 10 h 57 min Répondre
  • Best of D. - Ne plus rechercher (systématiquement) l’approbation des autres

    […] des décisions de son propre chef, mais j’ai appris très tôt (je vous en parlais dans ce billet ) qu’il était capital de s’y […]

    19 juillet 2016 at 8 h 22 min Répondre
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